Enregistré par Steve Whitfield à "the live house" Launceston, Angleterre en Janvier 1991 en 10 jours.
Production Christophe Sourice.


   

Track list
1- N°6 (Les Thugs II) 2’27
2- I Love You So (Les Thugs II) 5’25
3- I.A.B.F. (Les Thugs II) 3'44
4- Stop The War (Les Thugs II) 3'40
5- Power race (Les Thugs II) 5'05
6- And He Kept On Whistling (Les Thugs II) 5'54
7- Good Friends (Les Thugs II) 3'03
8- Is It The Right Way ? (Les Thugs II) 4'58
9- Paranoia (Les Thugs II) 3'21
10- Welcome To The Club (Les Thugs II) 4'20

Bonus Tracks
(Réédition CD Inventaire)

11- Suspended Time (live) (Les Thugs II) 2'47
12- Birds Of Ill Omen (live) (Les Thugs II) 3'38
13- I Need You (live) (Les Thugs I) 2’00
14- Groucho's Theme (live) (Les Thugs lI) 1'23
15- Birthday (live)(Les Thugs II) 4’25
16- Your Kind of Freedom (live) (Les Thugs lI) 2’22
17- Bulgarian Blues (live) (Les Thugs I) 6’14
18- Falling Apart (Les Thugs lI) 3’25
19- Welcome To The Club (Les Thugs Il) 3'44

 

 

 

 

 

 

 

 

1990 est une année charnière pour les Thugs. Après la sortie en octobre 89 de "Still Hungry Still Angry" chez Vinyl Solution, le groupe bénéficie d'un capital de sympathie dans la presse musicale et d'une côte en béton armé dans le circuit rock, ce à l'échelle internationale. Alors que le dossier de presse s'épaissit à vue d'oeil, les concerts s'enchaînent, suscitant un engouement certain. La troisième tournée européenne est un franc succès, la deuxième aux USA, bien qu'à nouveau une rude expérience (conditions "à l'arrache", propres à rebuter la plupart des groupes de ce côté-ci de la Manche), établit définitivement la crédibilité des angevins. Avec un effet boomerang dans nos contrées, où le fait d'avoir joué aux States, et d'y être reconnus comme un combo rock à part entière et non une curiosité exotique à la baguette sous le bras, semble rameuter un public nouveau et plus dense. La promo de Bondage, qui sort l'album en licence française, n'y est sans doute également pas pour rien ; pour la première fois, il y a un suivi des concerts et des interviews conséquentes dans la presse. C'est l'époque où les Thugs sortent du créneau R'n'R. pur et dur dans la lignée Closer ou Nineteen pour accrocher définitvement le public des Sherriff, Parabellum, en préparant le terrain aux Burning Heads ou à Nirvana...

Les dix titres d"I.A.B.F." ("International Anti-Boredom Front") vont être composés entre deux raids américains, dans le courant du deuxième semestre 90, et, en décembre, une pré-prod. est enregistrée vite fait au Karma Studio (49) avec Gilles Théolier (réalisateur de la plupart des démos des Thugs). L'enregistrement de l'album en janvier 91 sera tout aussi expéditif : une dizaine de jours mix compris, cette fois-ci dans le Nord de l'Angleterre au studio The Live House avec Steve Whitfield (qui avait un peu travaillé avec Cure, mais surtout mixé les albums des Shaking Dolls (fin 90) et des Dirty Hands (juillet 90), tous deux sortis chez Black & Noir, le label d'Eric). Bien entendu, l'éternel Christophe Sourice assure une production sans faille. "I.A.B.F" sort en avril chez Vinyl Solution et sera l'un des disques les plus licenciés et les mieux diffusés du groupe : distributions en Italie via Flying Rds, en Suède par Pet Sounds, en Suisse chez Najkine et au Bénélux sur Boudisque, licence sur Bondage en France, Glitterhouse en Allemagne, Capote Rds en Espagne, Toys Factory au Japon et Alternative Tentacles aux Etats-Unis. Pourquoi diable Alternative Tentacles et non Sub Pop comme pour les précédents albums ? C'est que le label de Seattle traverse une mauvaise passe financière, alors que le courant est bien passé avec Jello Biafra (chanteur des Dead Kennedys et patron d'A.T.), rencontré à San Francisco quelques mois auparavant. Ainsi les Thugs auront-ils réalisé l'exploit de signer sur deux des plus mythiques labels rock indés américains... Unanimement applaudi dès sa sortie, "I.A.B.F." parvient à surclasser "Still Hungry, Still Angry", pourtant déjà un sommet dans la carrière du groupe ; il reste LE disque de référence pour les Thugs (c'est d'aileurs le plus représenté dans le Best of, "Road Closed") et l'un de ceux que je suis le plus fier d'avoir sorti avec Bondage. Abondamment chroniqué, exposé en radio et TV ("I Love You So", réalisé par Henri-Jean Debon, est sans doute leur clip le plus diffusé), il marquera durablement les esprits, sans pour autant faire un carton commercial (20 000 ventes dans le monde). Une nouvelle tournée européenne suit au printemps 91, une tournée américaine de 33 dates à l'automne. Pendant près d'un an et demi, les Thugs vont surfer sur l'onde de choc de l'album, se contentant d'apparaître sur quelques compilations et split-45 Trs.

Peut-être l'album le plus accompli du groupe, le plus compact et le plus expérimental (cf. "Welcome To The Club"), avec des rythmiques nouvelles comme "Power Race", "I.A.B.F." parvient à concilier, à la plus grande perplexité de l'auditeur, sauvagerie et mental, furie impétueuse et calme posé, contrôle total et retour à l'animalité, en une belle bagarre métronomique. Plus varié et abouti au niveau des nuances et de la variété de styles présentés que les précédents disques, il présente une évidente continuité avec ceux-ci, et une évolution logique : impossible de ne pas reconnaître au premier abord la griffe Thugs dans ces hymnes. L'élégance permanente des compos ne masque pas le côté noir et pessimiste de certaines ambiances, et surtout des textes, conçus comme des photographies d'actualité, sur des sujets sociaux, l'économie, les syndicats, les grèves... Malgré l'humanisme et l'intelligence des paroles, simples et directes, "I.A.B.F." est un disque désespéré, au bout de la colère : ambition, lutte pour le pouvoir, hiérarchie, centralité du travail... "Anti-Boredom Front" contre l'ennui de devoir travailler, le poids des structures, la vie sans passion...

Marsu

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